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La politique, ou l’engagement en politique dans notre pays est une rare violence. Il y a eu de nombreux meurtres inexpliqués jusqu’à ce jour et les auteurs de ces meurtres courent toujours. L’assassinat de Grégoire Diboulé en mai 2006 en plein coeur de Yaoundé m’a particulièrement marqué. Il y a quelques semaine, Parfait Mbvoum et Emmanuel Ntonga responsables du Social Democratic Front à Yaoundé m’ont présenté le lieu de ce drame ! A coté de cette violence, il y a l’État central avec son parti-unique le RDPC qui est partout présent avec une police politique très efficace capable de détruire les familles de décomposer les couples, de violer les enfants, des pires horreurs dont la conscience humaine ne peut imaginer. A côté de tout ceci, les jeunes camerounais sont une inconscience politique ! Quand vous regarder les réseaux sociaux, c’est sexe, alcool, bagarres, ils donnent l’impression d’être un groupe d’attardés mentaux. Ils parlent sans cesse et ne s’écoutent point.

Des jeunes pessimistes quant à leur capacité à changer le Cameroun...

J’ai suivi au quotidien et ce pendant un an deux blogueurs camerounais installés dans la ville de Douala ; un d’eux en l’occurrence Paul Eliane Meubeukui, c’est une jeune femme d’une trentaine d’année, elle publie en moyenne 20 propositions d’emploi qu’elle prend sur différents sites, par jour sur sa page Facebook reprises sur Instagram et Twitter, elle a 7 312 personnes qui suivent sa page au quotidien et moins de 1 % qui consulte ces offres. A l’inverse, une vidéo de nue est distribuée en moins de 30 minutes à plus de 300 000 jeunes camerounais sur tous les supports de Réseaux Sociaux. Ce constat est un désaveux. Ce désaveux pour l’action politique traditionnelle tient peut-être du fait que les jeunes camerounais sont sceptiques sur leur capacité à faire évoluer la société. Sans étude, il m’est difficile de chiffrer ce désaveux, nous ne pouvons nous fier qu’à l’observation sur les Réseaux Sociaux qui sont un bon champ d’étude. Les lectures de petits posts, les commentaires qui sont fait par les uns et les autres montrent qu’une majorité de jeunes considèrent qu’ils ne peuvent pas changer les choses tant à l’échelon local qu’au niveau national. En parlant du niveau national, nous observons un repli ethnique fort, des groupes de batailles sont formés, mais il y a aussi des groupes qui naissent pour rassembler les ressortissants de telle ou telle localité et n’admettent pas les camerounais venus d’autres localité du pays. Ce phénomène semble cependant nouveau et mérite observation. Le cinéaste Jean-Pierre Bekolo parle « d’une dérive ethnique sans précédent au Cameroun. » Tout donne à penser que la génération des 20 50 ans se démarquent assez de leurs aînés dans cette volonté d’avoir une vision plus large de leur propre pays. Ceci expliquant cela ils s’engagent moins que leur parent qui eux, ont une culture plus grande de la chose politique. C’est une des raisons qui justifie que la vie politique au Cameroun soit conduite par les 80 ans et plus.

La moitié des jeunes prête à s’engager dans une association

S’ils sont rétifs aux engagements politiques conventionnels, les jeunes sont néanmoins nombreux à s’investir dans le milieu associatif et des actions caritative. Plus de quatre jeunes sur dix sont membres d’une association, selon ce que signale leur profil Facebook, soit presque autant que les plus de 50 ans. Cependant, ces statistiques sont très largement tirées par leur participation à des activités associatives sportives, culturelles et de loisirs. Beaucoup se manifestent aussi dans les « actions caritatives spontanées » notamment les mains levées qui sont devenues régulières sur les Réseaux Sociaux, pour sauver une vie notamment en participant financièrement ou pour faire un don de sang pour un malade dans un hôpital ou pour une victime d’un accident de la circulation. Beaucoup de jeunes observés sur les Réseaux Sociaux assurent donner du temps bénévolement au sein d’une association. Le monde associatif bénéficie également d’une image très positive chez les jeunes. Près de la moitié se dit prête à s’engager.

Dans les pays du nord, de nombreuses études sont menées depuis une dizaine d’année sur les rapports que les jeunes ont avec la politique, les réseaux sociaux, dans les pays du sud, ces recherches sont presque inexistantes. Il est important que les jeunes eux-mêmes prennent conscience de la situation qu’ils traversent, de la nécessité pour eux d’occuper l’espace autrement que par le sexe, la délation, la boisson. Oui tout ne pas être de la responsabilité des tenants du pouvoir, il y a un moment où il faut pouvoir s’assumer.